Entrepreneur HPI : mon cerveau, mon business et moi

Être HPI aide-t-il vraiment à entreprendre ? Nora, co-fondatrice de Smooth ta boîte et entrepreneure HPI, partage un témoignage sans filtre : forces (vitesse d’analyse, créativité), pièges (perfectionnisme, dispersion) et clés pour apprivoiser son haut potentiel. Des conseils concrets pour transformer la douance en alliée business.

by Nora

Entrepreneur HPI : mon cerveau, mon business et moi : l’article en bref

  • Entrepreneur·e HPI : sortir des clichés sur le haut potentiel : Être HPI ne signifie pas être un génie incompris ; il existe une grande diversité de profils et de fonctionnements chez les entrepreneur·es à haut potentiel.
  • HPI et parcours professionnel ou pourquoi les chemins classiques ne suffisent pas : Les études et les trajectoires traditionnelles répondent rarement aux besoins des profils HPI, souvent en quête de sens, de stimulation et de liberté. L’entrepreneuriat apparait alors souvent comme la voie royale pour laisser libre cours à leur créativité.
  • Entreprendre quand on est HPI ou des forces cognitives puissantes : réactivité, anticipation, polyvalence et apprentissage rapide font du HPI un véritable atout en entrepreneuriat, lorsqu’il est bien utilisé.
  • Quand le fonctionnement HPI complique l’entrepreneuriat : Perfectionnisme, dispersion mentale, surcharge cognitive et risque d’épuisement peuvent freiner le développement du business.
  • Adapter son entrepreneuriat à un fonctionnement HPI : Structurer sa pensée, respecter son énergie et accepter l’imperfection sont essentiels pour entreprendre durablement quand on est HPI.
  • Pour aller plus loin su Entrepreneur·es HPI : Des ressources et pistes complémentaires permettent d’aller plus loin pour mieux vivre son haut potentiel en entrepreneuriat.

Hello, hello, j’espère que tu vas bien. Aujourd’hui, c’est Nora qui te parle et on va parler d’un sujet qui me touche personnellement : être HPI et entrepreneur·e.

Tu vois Sherlock Holmes ? Le gars capable de voir un détail invisible à l’œil nu et de remonter toute une histoire en trois secondes chrono. Eh bien, quand j’ai découvert que j’étais HPI (aka “haut potentiel intellectuel”, ou “surdouée” si tu veux faire peur aux dîners de famille), j’ai eu un peu cette sensation-là. Un cerveau qui carbure à 200 %, mais pas forcément livré avec le mode d’emploi. Comme si un petit Sherlock squattait mon cerveau en permanence. Super utile pour analyser, comprendre, anticiper… un peu moins pratique quand tu voudrais juste dormir tranquille sans refaire le monde à 2h du mat’.

Et spoiler : est-ce que ça a changé ma vie ? Absolument pas.

Je n’ai pas ouvert les yeux un matin en me disant “hallelujah, tout s’explique, ma vie est transformée”. Non. Mais ça m’a permis de comprendre mon fonctionnement. Cela m’a permis de me poser (enfin) les bonnes questions.  De mettre des mots sur certaines façons de réagir, sur ce cerveau qui ne s’arrête jamais (même quand j’aimerais bien dormir tranquille). Et surtout, ça m’a permis d’appréhender l’entrepreneuriat autrement.

Alors si toi aussi tu te sens normalement étrange ou étrangement normal·e, tu vas sûrement te retrouver dans mon histoire, parce que oui, quand on est HPI et entrepreneur·e, comprendre son fonctionnement devient une condition de survie.


HPI : casser les clichés et sortir du mythe du génie incompris

Quand on parle de HPI, l’image qui revient souvent, c’est le génie fou. Les cheveux ébouriffés façon Einstein, les yeux dans le vide, la tête dans les étoiles, et surtout une passion dévorante pour les équations.

Franchement ? Ça ne m’a jamais collé à la peau.

Moi, c’était plutôt :

📚 lire des bouquins à la pelle,

🎶 écouter des sons des années 70 ou 90 et me passionner pour l’histoire de France et du Monde

🎨 m’émerveiller devant l’art (l’Art avec un grand A),

✍️ écrire, imaginer, inventer des histoires : dans ma tête il y a 1000 One Piece.

🎞regarder des reportages animaliers sur les dos argentés

👚regarder des catwalks des années 90 

Oui, j’ai toujours aimé les maths ou plutôt je ne les ai jamais détestées. J’étais même bonne élève, souvent avec d’excellentes notes, mais sans passion particulière sauf la littérature of cooourse. À l’école, j’étais la fille un peu chiante qui bossait sans trop forcer, mais qui s’en fichait un peu. Mon truc à moi, ce n’était pas de briller sur une intégrale, c’était de me plonger dans mes centres d’intérêt perso : littérature, musique, créativité.

J’ai grandi comme ça, avec cette impression d’être “un peu à côté” socialement. Ex-timide, introvertie assumée, un peu barrée parfois, “normalement étrange” le reste du temps. Mais je n’ai jamais souffert de mon introversion. Bien au contraire : j’ai toujours aimé ma propre compagnie. Le silence ne m’a jamais fait peur. C’est surtout les autres qui n’ont jamais vraiment compris pourquoi je préférais rester chez moi à réfléchir au sens de la vie plutôt que sortir boire un verre en terrasse. Mais ça c’est encore une autre histoire 

👉 Bref, pas le cliché HPI qu’on s’imagine. Et c’est important de le dire : il y a autant de profils HPI qu’il y a de personnes.


HPI et orientation professionnelle : quand les études ne suffisent pas


Le parcours “logique” ne correspond pas toujours au fonctionnement HPI


Comme beaucoup, j’ai suivi le chemin “logique”. J’ai fait des études de finance et de compta à Dauphine aka Daudau pour les intimes. Parce que ça ouvre des portes, parce que c’est “sérieux”, parce que ça rassure.

Mais au fond, je savais que ce n’était pas moi.

Résultat : un malaise qui s’installe. Cette impression de m’être voilée la face. Et à la sortie des études, le drame : trouver un travail dans une voie qui ne me ressemblait pas. J’ai glissé doucement vers une mini-dépression. Le genre de période où tu te demandes : “Ok, j’ai coché toutes les cases, et maintenant quoi ?”.

C’est à ce moment-là que j’ai passé ce fameux test HPI. D’abord en rigolant, en me disant : “Mais qu’est-ce que je fous là ?”. Et puis le verdict est tombé : HPI.

Sur le coup, je ne vais pas mentir, ça m’a paru bizarre. J’étais persuadée d’avoir croisé des HPI “classiques” dans ma vie, et je ne pensais pas leur ressembler. Mais finalement, ce test a mis des mots sur beaucoup de choses : ma créativité débordante, mon côté perfectionniste, ma capacité à apprendre vite, ma mémoire mon besoin d’indépendance.

Et surtout, ça tombait pile au moment où je me lançais dans l’entrepreneuriat : quelle aubaine, je devenais désormais entrepreneure ET HPI.

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Pourquoi l’entrepreneuriat attire autant les profils HPI ?

Et puis il y a ce moment charnière, celui où beaucoup de profils HPI bifurquent vers l’entrepreneuriat, pas par effet de mode, ni par goût du risque à tout prix, mais parce que l’entrepreneuriat répond naturellement à plusieurs besoins profonds du fonctionnement HPI.

Quand tu es HPI, tu as souvent :

  • un besoin d’autonomie fort,
  • une difficulté avec les cadres trop rigides,
  • une envie de comprendre le “pourquoi”, pas seulement le “comment”,
  • et surtout, une intolérance à l’ennui.

Or, l’entrepreneuriat offre exactement ça :

👉 de la liberté dans la manière de travailler,

👉 la possibilité de créer ses propres règles,

👉 un terrain de jeu intellectuel où tu peux apprendre en continu, tester, ajuster, évoluer.

Contrairement à beaucoup de postes salariés très normés, entreprendre permet aux profils HPI de :

  • mobiliser leur créativité,
  • exprimer leur pensée non linéaire,
  • toucher à plusieurs domaines à la fois,
  • construire un projet aligné avec leurs valeurs.

Ce n’est pas que l’entrepreneuriat est “plus facile” pour les HPI, loin de là. Mais il est souvent plus cohérent avec leur fonctionnement, à condition d’apprendre à canaliser leur énergie et à structurer leur pensée.


Les super-pouvoirs des entrepreneur·es HPI

Être un·e entrepreneur·e HPI, c’est un peu comme avoir un processeur dernière génération dans la tête.

Ça va vite, très vite, trop vite parfois. Mais quand on est à son compte, ça peut être un atout redoutable, et voici comment ça s’est traduit pour moi.


Entrepreneur à haut potentiel: anticiper trois coups en avance (aka le cerveau Tetris )

Quand j’ai lancé Smooth Ta Boîte avec la maman, je n’ai pas foncé tête baissée comme beaucoup d’indés. Non. J’ai compris direct qu’être dans l’entrepreneuriat, c’était un métier à part entière. Et il faut être honnête, ce métier, on ne nous l’apprend pas toujours à l’école (voire jamais). Mais oklm, mon cerveau avait déjà imaginé toutes les catastrophes possibles et trouvé un plan B, C, D… et même Z.

  • Benchmark réalisé avant même d’avoir un premier client.
  • Procédures écrites comme si j’avais déjà une équipe de 50 personnes.
  • Systèmes posés alors que je n’avais qu’une to-do liste sur mon bureau.

Cet instinct d’anticipation, je le vois aujourd’hui comme une arme à double tranchant. D’un côté, ça m’a évité des galères monumentales (les légales, les contrats foireux, les process bancals). Mais de l’autre, ça m’a parfois épuisée avant même d’avoir commencé.


HPI entrepreneur·e : Avoir 150 000 idées à la seconde (le génie créatif… et dispersé )

Être HPI, c’est avoir un cerveau qui brainstorme 24h/24.

Je peux être en train de cuisiner et paf 💥 une idée d’offre. En pleine séance de sport et bam 💡 une nouvelle stratégie. Au moment où je devrais dormir et hop 🔄 mon cerveau lance une hypothèse farfelue sur le futur du de l’entrepreneuriat.

Tu connais ça ? Les 150 000 idées à la seconde ?

C’est génial, parce que :

  • Tu ne manques jamais d’inspiration.
  • Tu as toujours une longueur d’avance.
  • Tu crées des projets originaux, qui sortent du lot.

Mais c’est aussi… une sacrée galère. Parce que tu peux partir dans des scénarios improbables (moi qui me perds à imaginer des systèmes entiers juste pour une mini-idée), ou parce que tu te disperses : tu touches à tout, tu veux tout lancer, et parfois tu t’épuises dans des pistes que tu ne mèneras jamais à terme.

Il faut apprendre à trier, structurer, prioriser, sinon, ton cerveau devient ton pire ennemi.


HPI entrepreneur·e aka être un vrai couteau suisse

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être un couteau suisse d’avoir pleins de connaissances et de compétences bref une sorte de Jack of all trades mais version archi quali (of cooourse). J’avais soif d’apprendre quoi. Or HPI + entrepreneuriat = combo parfait pour devenir un·e caméléon.

Dans une seule journée, je peux :

  • Écrire un article (comme celui que tu lis 👀),
  • Monter un plan stratégique,
  • Gérer de la paperasse comptable,
  • Imaginer une campagne Insta,
  • Et brainstormer un futur produit.
  • Avoir des call avec des client·es

Et bien sûr en tant que HPI entrepreneure faaaan de multitâches, je n’ai jamais eu besoin de me concentrer sur une seule tâche. Au lycée déjà, je révisais en musique, en gribouillant, en envoyant des textos. Aujourd’hui, c’est pareil : j’ai besoin de jongler. Ça ne me parasite pas, au contraire, c’est mon équilibre.

Là où d’autres crient au “multitasking qui flingue la productivité”, moi je le vois comme un mode de vie. C’est mon fonctionnement, point. Et l’entrepreneuriat me permet justement de l’assumer pleinement.


HPI et entrepreneur·e : Un apprentissage ultra-rapide

Un autre avantage du HPI entrepreneur·e : la vitesse d’apprentissage.

Besoin de comprendre un nouveau logiciel ? Une après-midi et c’est plié.

Besoin d’absorber un sujet de fond ? Quelques reportages, des bouquins, et hop, c’est intégré. Car oui s’il y a bien un cliché des HPI qui me correspond parfaitement c’est la mémoire de l’espace. Depuis mon plus jeune âge, j’ai hérité de 2 surnoms : “la mémoire” et “la machine à écrire”. Donc, c’est pas pour rien. Je me rappelle encore des dates d’anniversaires de mes camarades de grande section maternelle. J’étais cette meuf un peu barjo,  qui n’avait pas besoin du code en partiels de droit parce qu’elle connaissait tous ses articles par cœur à la virgule près. 

C’est ce qui m’a permis de toucher à tout : marketing, vente, organisation, seo, storytelling… même des choses qui, au départ, n’étaient pas “mon truc”.

Dans entrepreneuriat, où tu dois jongler avec 10 casquettes différentes, c’est un sacré super-pouvoir.


Aimer sa propre compagnie (et jongler avec l’incompréhension des autres)

Un autre point clé : l’isolement.

Alors oui, beaucoup d’entrepreneur·es en souffrent, mais moi, pas vraiment. J’ai toujours aimé être seule, j’ai toujours kiffé ma propre compagnie. Cela va sans doute paraître hyper narcissique mais si je pouvais marier ma propre personne, je le ferai, puis je bosse avec ma maman, donc je ne suis pas totalement isolée non plus.

Mais je ne vais pas mentir : au début, quand tu bosses des heures sur ton projet, les autres ne comprennent pas forcément ce que tu fais. Tu leur expliques que tu montes une boîte, et on te répond “ah, donc tu es au chômage ?”.

Cette incompréhension peut peser. Et surtout, tu n’es pas toujours aussi dispo physiquement et émotionnellement que tes proches le voudraient. Parce que oui, au début du moins quand tu démarres un projet quel qu’il soit, entrepreneuriat ou non, tu bosses beaucoup tu mets beaucoup d’effort pour avoir un résultat pas trop dégueu. Mais ça les autres ne le comprennent pas toujours. 

De mon côté, je l’ai bien vécu, parce que l’introversion ne m’a jamais posé problème. Mais c’est un vrai sujet : apprendre à assumer ton isolement choisi, tout en gérant l’incompréhension de ton entourage.


Un moteur puissant : la passion de l’entrepreneur·e neuroatypique

Quand je me lance, je me lance à fond.

Je suis incapable de faire les choses à moitié. Et ça, c’est un moteur énorme pour avancer, même quand c’est difficile. Alors quand tu crées ta propre boîte, tu as la chance de t’investir à fond sur un projet qui te ressemble à 100% et ça c’est le kiff ultime de HPI qui veut s’épanouir dans son travail. 

Ce côté passionnel, obsessionnel parfois, m’a toujours permis d’aller au bout de mes projets. Oui, même quand j’échoue. Certes je râle, mais surtout, je cherche directement à comprendre ce qui a pêché. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné, qu’est-ce que je pourrais faire pour que tout cela fonctionne mieux à l’avenir. Je comprends, j’apprends, j’anticipe et surtout j’y retourne toujours. Car oui je ne supporte jamais le fait de rester sur un échec. 


HPI et entrepreneuriat : quand le cerveau devient un frein

Parce que oui, soyons honnêtes : être HPI ne transforme pas la vie en boulevard pavé de succès. Ça donne des facilités, mais ça s’accompagne aussi de sacrés boulets. Et crois-moi, je les ai bien traînés.

  • Le perfectionnisme : retarder des projets par peur que ce ne soit pas “assez bien”.
  • La dispersion : perdre de l’énergie à courir après 1000 idées.
  • Le burnout frôlé : apprendre à dire stop, à ralentir, à poser des limites.
  • Le cerveau en surtension : hypothèses alambiquées, nuits passées à résoudre des énigmes logiques au lieu de dormir.

Le perfectionnisme, le saboteur préféré de l’entrepreneur·e surdoué·e

Si tu es HPI, il y a de grandes chances que tu connaisses ce problème : tu veux que tout soit nickel avant de montrer ton travail. Et dans l’entrepreneuriat, c’est un vrai frein.

J’ai perdu un temps fou à retravailler des détails insignifiants :

  • mail de newsletters retouché 15 fois,
  • une page web peaufinée à l’excès,
  • un accompagnement que je n’osais pas lancer parce que “pas encore assez bien”.

Le pire ? Cette exigence, je la tournais surtout vers moi-même. Envers les autres, j’ai toujours été bienveillante, quoique parfois beaucoup casse coui**** quand même. Mais moi ? Tolérance zéro.

Ce perfectionnisme a retardé des projets, m’a épuisée, et m’a empêchée d’oser. Jusqu’à ce que je comprenne une règle simple : la perfection n’existe pas. Lancer imparfait vaut mieux qu’attendre l’impossible. C’est dur à avaler quand ton cerveau crie “tu peux mieux faire”, mais c’est la seule façon d’avancer. Et puis de toute façon, au bout d’un moment tu n’as juste pas le choix, sinon tu reste au stade brouillon toute ta vie…


La dispersion façon puzzle éclaté pour l’entrepreneur·e à haut potentiel intellectuel

Être entrepreneur à fonctionnement atypique, c’est avoir 150 000 idées à la seconde. Dit comme ça, ça sonne cool. Dans les faits, ça peut vite devenir chiant.

Moi, je peux :

  • noter 5 idées de projets avant même de prendre mon petit dej,
  • imaginer 3 business models en pleine séance de sport,
  • et me coucher en ayant rédigé dans ma tête la stratégie d’un futur accompagnement… qui ne verra jamais le jour.

Cette richesse d’idées est une bénédiction et une malédiction. D’un côté, ça m’offre une créativité sans fin. De l’autre, ça me fait perdre du temps à m’éparpiller. Certaines journées, j’ai l’impression de m’être épuisée à penser, sans avoir vraiment avancé.

Il a fallu que j’apprenne à trier, structurer, prioriser, pas simple, mais vital, sinon, ton cerveau devient ton pire ennemi.


HPI entrepreneur·e : L’ombre du burnout

Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai failli y passer surtout au moment du lancement, pas au sens médical extrême, mais j’ai clairement senti la pente.

Après mes études, j’ai déjà traversé une mini-dépression. Sauf que dans l’entrepreneuriat, rebelote : ce cerveau qui tourne trop vite, qui anticipe tout, qui veut tout gérer parfaitement, ça m’a poussée au bord du burnout.

Tu te lèves fatiguée, tu bosses sans pause, tu ressasses sans fin. Et même quand ton corps crie stop, ton esprit refuse de ralentir. Je me suis reconnue dans les signes : irritabilité, insomnie, sensation de porter le poids du monde. Paradoxal pour quelqu’un qui aide les indés à trouver leur équilibre relatif? Mais oui personne n’est à l’abri et le danger surtout quand tu es en phase préparatoire de quelque chose, c’est de tout simplement faire trop en espérant que ça passe. Mais sorry au bout d’un moment,  même si ta tête continue, ton corps te lâche. Et tu sais quoi? C’est tant mieux! Alors j’ai pris des pauses, parfois de longues pauses allant de quelques jours. Je coupais tout, et comme par hasard quand je revenais ça allait mieux. 

Bon si je t’écris aujourd’hui c’est qu’heureusement, j’ai réussi à lever le pied avant la casse, mais c’était pas gagné quand même.


Entrepreneur·e surdoué·e ou l’isolement, même quand tu aimes ta propre compagnie

Je l’ai dit : je suis introvertie. Je n’ai jamais souffert de ma solitude. J’aime être seule, je kiffe ma propre compagnie, je peux passer des heures plongée dans mes pensées sans me lasser.

Mais l’entrepreneuriat, c’est une autre histoire. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’être seule physiquement, mais aussi d’assumer seule toutes les décisions, les doutes, les risques. Quand tu es ton propre boss, il n’y a personne au-dessus de toi pour valider, rassurer, cadrer. Et parfois, ce vide pèse.

Moi, j’ai longtemps tenu grâce à mon côté “ex-timide apprivoisée”. J’avais appris à fonctionner seule. Mais même pour moi, il y a eu des moments d’isolement professionnel difficiles. Des moments où tu aurais aimé partager un doute, brainstormer à plusieurs, ou juste sentir qu’on comprend ce que tu traverses..


HPI entreprene​​ur·e : Un cerveau qui s’emballe trop vite ⚡

Autre galère de l’entrepreneure surdouée : mes hypothèses alambiquées. Mon cerveau adore imaginer des scénarios complexes, bâtir des théories, décortiquer le moindre détail. C’étai génial en droit, mais dans l’entrepreneuriat, c’est passionnant… et épuisant.

Je peux passer une heure à envisager toutes les issues d’un simple choix (genre : “dois-je poster cet article mardi ou jeudi ?”). Et forcément, ça ralentit.

Ajoute à ça mon rituel nocturne chelou : m’endormir en faisant du calcul mental ou en résolvant des énigmes logiques. Oui, c’est mon idée de la détente. C’est drôle à raconter, mais quand ton esprit ne coupe jamais, ça use. Oui, parce que se réveiller en plein milieu de la nuit pour noter une idée soit disant géniale n’est pas si génial que ça en vrai. 


Apprivoiser son fonctionnement HPI pour entreprendre durablement

Avec le temps, j’ai compris que mon profil HPI dans l’entrepreneuriat, ce n’était pas une étiquette magique, ni une fatalité : c’était un kit de départ : des forces, des faiblesses, des bizarreries. Le tout, c’est d’apprendre à l’utiliser pour que ça serve ton projet… au lieu finir au bout du rolls. Voilà ce que j’ai appris en chemin.

  • Accepter l’imperfection : lancer imparfait vaut mieux que rêver parfait.
  • Structurer sa pensée : noter, trier, prioriser, canaliser.
  • Apprendre à ralentir : accepter de ne pas être une machine.
  • Valoriser ses différences : ce que tu prends pour un défaut est ton différenciateur.
  • Savoir s’entourer : même si tu aimes être seul·e, ne porte pas tout sur tes épaules.
  • Ne pas confondre ta boîte et ta vie : ton business n’est pas ton identité, juste une partie de ta vie.

Entrepreneur·e HPI : Accepter l’imperfection comme un vrai levier ✅

Moi, la perfectionniste chronique, j’ai fini par comprendre un truc : si tu attends que tout soit parfait pour te lancer, tu ne te lanceras jamais.

Dans l’entrepreneuriat, l’imperfection n’est pas un défaut, c’est une stratégie anti procrastination.

Tu testes, tu ajustes, tu améliores, et c’est le seul moyen d’avancer vite.

Aujourd’hui, quand mon cerveau me dit “ce n’est pas assez bien”, je réponds : “Peut-être. Mais c’est fait.” Et ça suffit.

Parallèlement, l’entrepreneure HPI que je suis, a enfin compris que le détail sur lequel je m’acharne depuis 8282 années, n‘est souvent même pas remarqué par la personne en face. tAlors pourquoi faire ma drama queen ? ( A toi qui liras les coquilles de cet article en te moquant de moi, je te demande d’avance pardon d’ailleurs)


Entrepreneur·e surdoué·e : Structurer sa pensée (sans tuer la créativité)

Le problème numéro 1 de l’entrepreneur·e HPI, c’est d’avoir 150 000 idées à la seconde qui finit toujours de la même manière : courir dans tous les sens et vouloir tout faire d’un seul coup et être au bout du rouleau après coup (of couuuurse). J’ai dû apprendre à poser des priorités, à organiser mon cerveau.

Concrètement :

  • Je note tout (absolument tout).
  • Je choisis 3 priorités max par jour.
  • Je garde un “parking à idées” où je stocke les fulgurances… sans les traiter tout de suite.

C’est d’ailleurs la méthode que je donne aux HPI que j’accompagne également, parce que finalement, ça ne tue pas la créativité. Au contraire : ça permet de la canaliser, parce qu’une idée, sans exécution, reste juste… une idée. Et surtout, une idée peut être géniale, mais ce n’est pas forcément le bon moment pour la lancer, et c’est ok aussi.

Prêt·e à passer à l’étape suivante ?
Réserve ton appel découverte !

  • Tu réserves ton appel en ligne (Calendly), en répondant à quelques questions.
  • Tu nous exposes ta situation, tes attentes ; on t’explique notre approche.
  • On vérifie que le “match” est bon entre nous. (C’est important si on veut bien travailler ensemble !)
  • Si tout est ok, on planifie la première séance.
Je réserve mon accompagnement

Apprendre à ralentir (même quand ton cerveau torturé d’entrepreneur·e HPI dit non)

Ça a été le plus dur. Quand ton esprit carbure non-stop, apprendre à lever le pied, c’est presque contre-nature.

Mais j’ai compris que je ne pouvais pas tout anticiper, tout contrôler, tout réussir d’un coup. Alors j’ai intégré de vrais moments off.

Pas de miracle : ça passe par des micro-pauses, par accepter que certaines tâches attendent, par couper les notifications, et surtout, par rappeler à mon cerveau qu’il n’est pas seul maître à bord.

Aujourd’hui, j’accepte que mes soirées ne soient pas toutes productives. Je peux lire un roman juste pour le plaisir, binge-watcher une série, ou… résoudre une énigme logique dans mon lit (mon petit rituel chelou pour m’endormir 😅).


Entrepreneur·e HPI : Valoriser ses différences (aka ton super-pouvoir unique)

Longtemps, j’ai cru que mon côté “barrée”, “étrangement normale”, c’était un défaut.

Aujourd’hui, je sais que c’est ma marque de fabrique.

Être HPI, c’est avoir un angle de vue différent, une créativité atypique, une énergie qui surprend. Et c’est exactement ce dont l’entrepreneuriat a besoin : de l’originalité, de l’audace, une vision qui sort du lot.

Ton cerveau ne fonctionne pas comme les autres ? Tant mieux. C’est ce qui fait que ta boîte sera différente et c’est aussi comme ça que je connecte avec les gens finalement : parce que j’ose tout simplement.


Savoir s’entourer (même quand tu aimes être seul·e)

Même si j’aime travailler seule, et même si je surkiffe ma propre compagnie, j’ai compris que je ne pouvais pas avancer uniquement dans ma bulle.

C’est là que travaille avec ma maman a été une vraie chance. Parce que même si je ne souffre pas de solitude, partager, confronter les idées, co-construire, ça change tout.

Et plus largement, s’entourer d’autres indépendants, de mentors, de freelances pour déléguer ou de gens qui comprennent tes galères, c’est vital. Ça ne veut pas dire “être tout le temps entouré·e”. Ça veut dire ne pas porter tout, absolument tout, seule.

Ah oui et petite précision, quand je parle de « s’entourer » je ne parle pas forcément de faire un gang d’entrepreneur·es HPI? mais juste de s’entrourer de personnes bienveillantes et soutenantes (c’est pas la mafia ici, et ne s’entourer exclusivement de personnes aussi perchées que toi n’est sûrement pas une good idea pour revenir sur terre…)


HPI et entrepreneuriat : Ne pas confondre ta boîte et ta vie 🔄

Dernière leçon (et pas des moindres) pour toi, petit·e HPI entrepreneur·e : ta boîte, c’est une partie de ta vie, pas toute ta vie.

Quand tu es HPI, tu as tendance à tout vivre à fond, à mélanger identité et projet, mais si ta boîte tombe, toi tu restes.

Cette distinction, j’ai mis du temps à la comprendre, mais elle m’a sauvée de l’épuisement.


Le mot de la fin : être HPI et entrepreneur·e, bénédiction ou galère ?

Alors, verdict ? Être entrepreneur·e HPI, ça aide ou pas ?

La réponse, tu l’as devinée : les deux.

Ton cerveau peut être ton meilleur allié comme ton pire ennemi. ll te donne une vision ultra-rapide, des idées en pagaille, une créativité hors norme. Mais il peut aussi t’entraîner dans le perfectionnisme, la fatigue, la dispersion.

Moi, j’ai appris à faire avec. À apprivoiser mon fonctionnement HPI au lieu de le subir. À accepter d’être cette personne un peu “normalement étrange, étrangement normale” (et franchement, je préfère ça à “moule standard” 😏).

Et si je devais résumer en une phrase ?

👉 Être HPI et entrepreneur·e ne fait pas de toi une personne sans failles. Ça fait juste de toi un·e entrepreneur·e avec des cartes différentes, à toi d’apprendre à les jouer correctement.

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  • Analyse de la situation et des problématiques actuelles
  • Session de conseil personnalisé d’1H30
  • Récapitulatif écrit des recommandations à entreprendre (1 à 3) par mail 48h après la séance (avec éventuellement des exercices à réaliser ou une fiche thématique pour t’éclairer sur un sujet particulier )

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Etre HPI et entrepreneur·e : Pour aller plus loin (sans bullshit, promis ✋)

Si tu veux en savoir plus sur les HPI et l’entrepreneneuriat, voici quelques ressources qui m’ont vraiment marquée. Pas de jargon indigeste, juste des pistes utiles (et parfois surprenantes) :


📖 Christel Petitcollin – Je pense trop : comment maîtriser ce mental envahissant

 Si tu as l’impression que ton cerveau tourne en boucle et t’empêche de respirer, ce livre est une vraie bouée de sauvetage. Christel Petitcollin explique avec simplicité comment apprivoiser ce mental envahissant et reprendre le contrôle. Parfait pour les entrepreneur·es HPI qui ont besoin de faire une vraie paaaause.

👉Voir le livre


📚 Monique de Kermadec – L’adulte surdoué : Apprendre à faire simple quand on est compliqué

 Tu crois que tu es juste “compliqué·e” ? Kermadec t’explique que non : c’est juste ton cerveau qui joue dans une autre cour. Un bouquin rassurant et déculpabilisant pour tous les entrepreneur·es à haut potentiel qui veulent apaiser un peu leur cerveau surchargé.

👉Voir le livre


🧠 Mensa France

Le club officiel des HPI. Spoiler : tu ne vas pas y trouver une bande d’Einstein en herbe, mais des profils ultra-variés dont beaucouuuuup d’entrepreneur·es HPI. Si tu veux rejoindre la communauté, c’est par là.

👉Découvrir Mensa France


🎧 Podcast « Les idées reçues sur le HPI, Haut Potentiel Intellectuel » – Grand bien vous fasse !, France Inter

Marre des discours TikTok du type “si tu réfléchis beaucoup, tu es sûrement HPI” ? Alors cette émission est un antidote parfait. Avec la psychologue Nathalie Clobert, France Inter démonte un par un les clichés autour du haut potentiel et explique ce que ça veut dire… et surtout ce que ça ne veut pas dire. De quoi remettre les pendules à l’heure sans prise de tête pour tous les gens qui te cherchent à te mettre un peu trop dans la cause de l’entrepreneur·e surdoué torturé.

👉Écouter l’épisode


🎥 TED Talk — The Power of Introverts, Susan Cain

Si tu t’es déjà senti·e “trop calme pour réussir”, ce talk est fait pour toi. Susan Cain redonne ses lettres de noblesse à l’introversion et explique pourquoi les cerveaux qui aiment le silence sont souvent ceux qui construisent les projets les plus puissants. À regarder quand tu culpabilises de préférer ton canapé à un afterwork networking.

👉Regarder sur TED

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